1481 | Villa Clémence

1902 après Villa Clémence rue du Cerf à Genval © Fonds Lannoye (Ed. Rétro Rixensart) 4.jpg

après juillet 1902 - Villa Clémence, rue du Cerf à Genval

Alors directeur de la Papeterie de La Hulpe (1) Auguste Lannoye épouse le 26 juillet 1902 Marie Stévenart, fille aînée du notaire de la même localité. « Peu de jours après, le jeune couple s'installe non loin de l'usine de La Hulpe dans la haute et sombre bâtisse de la ‘Villa Clémence’, rue du Cerf. Il n'y a pas meilleur témoin de la vie de ce temps-là que Marie Lannoye elle-même », écrit Luc Lannoye, petit-fils d’Auguste et Marie (XXV)(2).

« Ne trouvant rien de mieux, nous avions loué entre La Hulpe et Genval la lugubre villa ‘Clémence’ aux fenêtres grillagées et sans le moindre confort. Si le bon Dieu ne m'y avait donné 3 enfants (3), les six années que j'y ai passées ne m'auraient laissé que de pénibles souvenirs.

La petite usine de Genval s'élevait rapidement. Auguste s'y rendait tôt le matin, en revenait à toute heure (4) et parfois bien inquiet. Que de soucis, de nuits sans sommeil. Une rude école de vie pour tous deux. Aussi ai-je senti le besoin de m'accrocher très fort à Dieu. Chaque matin, avant le réveil de mes petits, je courais en tous temps et toutes saisons chercher à l'église de La Hulpe (5) Jésus lui-même qui devait m'éclairer, m'encourager, me fortifier et m'apporter, malgré tout, des heures de si douce joie.

A sept heures, je me penchais sur les lits ou sur les berceaux où déjà m'attendaient des rires et des pleurs. Vivement la baignade, la toilette, le biberon et tout cela, en temps d'hiver à la lueur d'une lampe à pétrole et devant un petit feu, pendant que mon mari dans son coin vaquait à sa toilette. Ni salle de bain, ni électricité, ni chauffage central. Les journées commençaient et s'achevaient pour nous dans le labeur, la vie difficile, car nous n'étions pas riches.

A Genval, le capital prêté par mon père s'était enfoncé (6) dans la construction, l'achat des premières machines, le paiement des salaires ... et il fallait vivre avec trois enfants.

Dieu merci, mon mari n'avait pas de grands besoins et moi j'avais appris à la chère école de ma Maman et d'Elisa à tenir économiquement un ménage et je recourais souvent à leurs sages conseils.

Certains jours, tout devait passer par mes mains (7) : soins des enfants, cuisine, nettoyages, raccommodages, coupe et couture. Et il fallait encore trouver quelques moments de réflexion et de méditation pour maintenir l'âme aussi active que le corps.

Marie fut à ce moment une auxiliaire très précieuse pour son mari. Ayant appuyé son initiative auprès de son père, elle comprit parfaitement par la suite les inévitables problèmes d'un début. Lorsque les premières grosses difficultés furent vaincues (8), nous avons pu faire des plans de maison à construire près de l'usine de Genval, sur un terrain où poussait blé, betteraves et pommes de terre. Une partie du sol étant argileux, une équipe de briquetiers y façonnèrent les briques de la construction (9). La maison s'achevait lentement, le bail à la ‘Villa Clémence’ finissait, il fallait déménager ».

 

Rétrospectives

◼︎ RÉTRO RIXENSART | VILLA CLÉMENCE, aussi la 'No Maujonne'

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(1) appartenant au groupe « Union des papeteries » qui comptait plusieurs usines, entre autres à La Hulpe, Saint-Servais et Mont Saint-Guibert.
(2) LANNOYE Luc, Regards sur la passé, 1978
(3) Charles 1903, Jean 1906, Anne 1907
(4) A vélo
(5) Messe à 6 h. 30.
(6) D'autant plus « enfoncé » que tout avait dû être construit sur pilotis, à cause du marécage
(7) Il y avait un aidant, Ernest, qui faisait un peu tout
(8) En 1910
(9) Plus économique en raison des transports

Collection | FONDS LANNOYE Édition | Eric de Séjournet © 2010-2017

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