286 | Jean Lannoye, un 'patron social'

1979 avant Jean Lannoye © Fonds Lannoye (Ed. Rétro Rixensart).jpg

avant 1979 - Fils d’Auguste Lannoye et Marie Stévenart, Jean Lannoye naît à Genval le 23 juillet 1906.

« À Genval, le nom des Lannoye évoque une dynastie d’industriels ayant assuré le développement de ce qui n’était à l’origine qu’un atelier artisanal. Charles est à l’origine de la saga des papetiers, au XIXe siècle. Son fils, Auguste, fonde une fabrique à papier en 1904 et, grâce au succès du balatum, dès les années 1930, déploie ses activités à l’étranger (...). Ingénieur technicien diplômé (en 1929) de l’École supérieure de Liège qui deviendra l’Institut Gramme, Jean Lannoye reprend le département 'publicité' de la SA des Papeteries de Genval dans l’entre-deux-guerres », écrit en septembre 2012 Paul Delforge de l’Institut Destrée sur le portail wallonie.be (1). Jean Lannoye a été très impliqué dans le mouvement catholique où son esprit d’entreprise s’est aussi manifesté. Membre de l’Association catholique de la Jeunesse belge, il va fonder un journal local, 'L’ouvrier', qui se transforme en un hebdomadaire paroissial, 'Dimanche', qui tire à plus de 100.000 exemplaires avant 1940.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale Jean Lannoye met en place les premiers conseils professionnels. Grâce à son rôle précurseur, - ce n’est qu’en 1948 que le cadre légal pour les conseils d’entreprise est voté, il est qualifié être 'un patron social' (2).

En 1950, il lance l’'Édition locale' qui connaît lui aussi un certain succès et où il signe de nombreux éditoriaux. Par son premier mariage, il est proche de la famille famennoise des Hanin, mandataires du parti catholique. Impliqué dans les milieux d’affaires catholiques, cheville ouvrière de l’Office belge pour l’accroissement de la Productivité (il en est le premier président), Jean Lannoye défend une politique de libre entreprise, et contribue à la naissance d’une commission nationale au sein du patronat catholique, la FEPAC (1964). Administrateur de la Société générale de Banque (1963-1975), Jean Lannoye s’intéresse encore à la question de la décentralisation économique et n’entend pas laisser sa définition aux seuls milieux syndicaux. (1)

On doit la fondation de l’Union Wallonne des Entreprises (U.W.E.) non seulement à la réunion de 3 chefs de grosses entreprises mais surtout à la volonté et la décision de 3 hommes à la forte personnalité : Léon Jacques (président-directeur général des Carrières de Quenast, qui, parce qu'il est à la fois au C.E.W. et vice-président de la F.I.B., est d'une part sensible aux problèmes de la Wallonie et se rend compte d'autre part que les patrons doivent s'organiser au point de vue régional), Jean Lannoye (président des Papeteries de Genval, qui lance un véritable défi pour le relèvement de la Wallonie) et de M. Charles Isaac (à l'époque administrateur délégué des Ateliers Belges Réunis 'A.B.R.'), qui connaît bien les problèmes des organisations patronales au point de vue régional)(3).

Le 26 novembre 1976, le Conseil des Ministres approuve la proposition d'octroi de la Commanderie de l'Ordre de Léopold II à M. Jean Lannoye, président de la S.A. 'Les Papeteries de Genval'(4).

Jean Lannoye s’éteint à Genval le 28 décembre 1979.


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(1) DELFORGE Paul (Institut Destrée), Jean Lannoy, portail Wallonie.be, septembre 2012 
(2) G. Cornez, La mise en place des premiers conseils d'entreprise aux Papeteries de Genval (1914-1955), Wavriensia, XXXVI, 1987, pp. 1-28.
(3) Courrier hebdomadaire du C.R.I.S.P., Les organisations patronales régionales en Wallonie et à Bruxelles, C.H. n° 571 du 15 septembre 1972
(4) Conseil des Ministres - Affaires Economiques - Procès verbal n° 151 du vendredi 26 novembre 1976.

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