résistance

  • L'été '44 des Coenraets

    1. Badge de l'Armée Secrète c Pascal Van Goethem.jpgAvant-propos

    Les habitants de Rosières sont fiers de compter parmi eux une famille qui s’est illustrée durant la Seconde Guerre mondiale. En effet, les Coenraets ont, sous l’occupation allemande, rendu de grands services à l’Armée Secrète et à la Belgique.

    « J'ai une énorme admiration pour l'esprit de résistance de mon père qui, déjà en 1914, passa à l’âge de 17 ans la frontière hollandaise pour s'engager comme volontaire. Je vénère également ma mère qui a toujours fait équipe avec mon père pour mener à Rosières la résistance aux côtés de la famille Pire, de Pierre van Haute et tant d'autres depuis le printemps 1944 », souligne Michel Coenraets, fils de Paul.

    Après « Genval libérée ! septembre 1944 » (1), que j’ai édité en septembre 2016 sur Rétro Rixensart, je publie ici une trentaine de notices illustrées, consacrées à la famille Coenraets qui, durant l’été 1944, a fait preuve d’exemplarité et de courage pour aider le Quartier Général de l’Armée secrète à s'installer à et fonctionner depuis Rosières.

    Afin de contextualiser ce reportage, je retrace les événements du débarquement sur les plages de Normandie en juin 1944 à la libération de nos communes en septembre 1944. L’accent est mis sur les acteurs de cet épisode de la Seconde Guerre mondiale : l’Armée Secrète au QG de Rosières, l’avancée de la 2ème Division blindée US, la retraite de la Schwere SS-Panzer-Abteilung 102, la libération du Brabant wallon.

    Mes remerciements vont à la famille Coenraets et à toutes les sources citées qui, « à l’écoute des témoins, deviennent témoin à leur tour » (Elie Wiesel). Et en particulier à Roger Ghyssens du Cercle d’Histoire de Rixensart qui, en 1994, publia une série d’articles à l’occasion du « 50ème Anniversaire de la Libération », mais également à Pierre van Haute-Pire, ambassadeur honoraire qui, dans son essai « Armée Secrète 1940-1945 », met en exergue le courage de la Résistance en Belgique. Enfin et surtout, j'adresse mes remerciements à Pascal Van Goethem, cameraman, chef opérateur, chef technique multicaméra, stéréographe et … habitant de Rosières. Il est l’arrière-petit-fils du général Jules Pire, commandant de l’Armée Secrète (2). Sur base des archives familiales et du Musée Royal de l’Armée, de photos et témoignages, il a réalisé un documentaire vidéo remarquable sur l’Armée Secrète, entre 1940 et 1945. Les trois épisodes de « L’Armée Secrète et l’or du silence » peuvent être visionnés sur secretarmy.net (3)(4)(5).

    « L'ÉTÉ '44 DES COENRAETS » est dédié à tous ceux qui, dans notre commune de Rixensart, ont courageusement donné leur vie ou leur sang pour la liberté.

    20130822 Eric dSdR © Isaline de Vuyst-001 copie.jpgEric de SÉJOURNET (6)

     

     

     

     

     


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    (1) de SEJOURNET Eric, Genval libérée ! septembre 1944, in Rétro Rixensart, septembre 2016
    (2) photo badge Armée Secrète, collection Pascal Van Goethem
    (3) VAN GOETHEM Pascal, L'Armée Secrète et l'or du silence : le contexte de l'occupation, novembre 2016 | Episode 1 (55 min) : Après une brève introduction, cet épisode aborde l’univers militaire et familial du général Pire ainsi que la débâcle de 1940, autrement dit la défense de la Belgique avec ses alliés. Il est question aussi du parcours de la famille du général et d’autres jeunes tandis que les militaires sont au front. Chacun trouve sa voie dans une société qui explose au propre comme au figuré.
    (4) VAN GOETHEM Pascal, L'Armée Secrète et l'or du silence : la guerre secrète, décembre 2016 | Episode 2 (48 min) : Les débuts difficiles de l’Armée Secrète sous l’occupation. Propagande, famine, collaboration, journaux clandestins, intrigue politique et plus encore…
    (5) VAN GOETHEM Pascal, L'Armée Secrète et l'or du silence : double jeu, janvier 2017 | Episode 3 (51 min) : Après de lourdes arrestations (épisode 2), l’armée secrète semble affiner sa voie dans la clandestinité, le baratin  et surtout le double jeu. Néanmoins, ce dernier coûte souvent cher. Le général Jules Pire installe son QG à Rosières et renforce l’Armée de Belgique en vue d’aider les forces alliées à la reconquête.
    (6) de SÉJOURNET Eric | officier du Corps de la Logistique (1974-1987), chef du Service de Presse des Forces armées belges (1987-1993), concepteur de Mediascore © (outil d’évaluation des retombées médiatiques), conseiller de presse de la Défense (1993-2007) et du Chef de la Défense (2003-2007), conseiller communal à Rixensart (2012-2016), conseiller de la Zone de Police Lasne, La Hulpe et Rixensart (2012-2016), coprésident de Proximité (depuis 2017). Depuis 2008, éditeur de sites Internet participatifs mettant en valeur la vie associative (Visages de Rixensart), l'histoire locale (Rétro Rixensart) et le patrimoine naturel, architectural et paysager rixensartois (Objectif Rixensart, primé en novembre 2009 par la Région Wallonne et la Fondation Roi Baudouin).



    Sommaire 


    I | Présentation de la famille Coenraets

    II | L'Armée Secrète se prépare

    III | Le QG de l'Armée Secrète s'installe à Rosières

    IV | Quand sonne la délivrance

    V | Sabotages dans le Brabant wallon

    VI | De l'efficacité de l'Armée Secrète

    VII | La guerre du renseignement militaire bat son plein

    VIII | Les Belges recouvrent leur liberté

    X | Genval libérée !

    XI | L'après Libération

    XII | La reconnaissance de l'Armée Secrète

     

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  • 1679 | Monument des Fusillés et des Résistants

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    1940-1945 - Face à ce monument, inclinons-nous avec émotion devant les noms des fusillés et résistants qui, durant la Seconde Guerre mondiale, ont donné leur vie pour un monde meilleur, pour lutter contre l’ennemi, pour la liberté. Sur cette carte postale commémorative, leurs noms sont publiés par ordre alphabétique, accompagnés d’un portrait.

    Sur le monument nos héros rixensartois sont répartis de la façon suivante, chaque nom étant précédé ou suivi d’une photo en médaillon.

    A gauche, les fusillés :

    Boisacq Robert : il naquit à Wavre le 26 novembre 1904. Droguiste (peintre en bâtiment à Rixensart), membre de la Résistance, époux de Louisa Flémal. « Les Allemands ayant trouvé, lors de leur perquisition, un fusil caché dans un puits de son jardin » (I, p 74), il fut arrêté le 17 décembre 1942 et fusillé à Breendonk le 6 janvier 1943 (1).

    Sur sa carte de deuil il est écrit : « Il a obéi au devoir; il a souffert pour le devoir; il est mort pour le devoir. Le soldat qui donne sa vie pour défendre l’honneur de sa patrie et pour venger la justice violée accomplit un acte de charité qui a été béni par notre Seigneur lui-même : « Nous n’avons pas de meilleur moyen de pratiquer la charité que de donner notre vie pour ceux qui nous aimons » Jeunes gens, faites de votre vie l’hymne de votre gratitude fidèle envers ceux qui comme Robert Boisacq ont sacrifié tout le sang de leurs veines et tous les rêves de leur coeur avec la suprême joie et l’enthousiaste espoir de voir se lever derrière eux une jeunesse digne de reprendre en mains le drapeau aux trois couleurs rougi de leur sang ». La lecture se termine par une citation de Louis Veuillot : « Il n’y a pas de mort, il n’y a pas de séparation. Il n’y a qu’une absence qui peut finir demain. Nous pleurons mais nous aimons, nous souffrons mais nous croyons, nous ne sommes pas écrasés mais A GENOUX ».

    Collin Alphonse : né à Léglise le 23 septembre 1909, employé communal à Rixensart, résistant, arrêté le 18 décembre 1942, fusillé à Breendonk le 6 janvier 1943 (1).

    Croy Albert : né à Genval le 13 août 1917, électricien aux Papeteries de Genval, résistant. « Craignant les représailles de l’occupant, pour sa femme et son fils, et bien que connaissant le sort de ses amis de la résistance, arrêtés avant lui, il avait refusé de se réfugier dans la clandestinité » (I, p.140). Arrêté le 11 janvier 1943, il fut fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943 et inhumé au Tir National à Schaerbeek dans l’Enclos des Fusillés

    Deceuster Denis : né à Rixensart le 19 août 1911, « ouvrier aux Papeteries de Genval. Il entra dans la résistance en 1942. Il fut arrêté le 8 janvier 1943 » (I, p.134) et fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943 et inhumé au Tir National à Schaerbeek dans l’Enclos des Fusillés

    Dereume Edouard : né à Bruxelles le 20 novembre 1920, habitant « l’ancienne ferme et café ‘Pagne’, rue du Viaduc 53. Il ne semblait pas faire partie du même mouvement de résistance que les autres. Il était néanmoins en possession d’un fusil et de dynamite » (I, p.144). Arrêté le 9 janvier 1943, il fut fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943.

    Ladriere Marcel : né à Jumet le 21 juin 1907, combattant de 1940, employé aux Papeteries de Genval, époux de Celina Bierboom. « Arraché de son foyer par la Gestapo à Genval le 19 décembre 1942, et fusillé à Bourg-Léopold » (Source : Souvenir pieux), le 6 janvier 1943. Motif de l’exécution : otage (1).

    Mayné Albert : né à Rixensart le 2 avril 1921, fusillé le 3 septembre 1944

    Tilquin Marcel : né à Rixensart le 7 février 1903, commerçant à Rixensart. « Il transportait et détenait des armes » (I, p.90). Il fut fusillé le 6 janvier 1943 à Breendonk (1)

    A droite, les résistants morts :

    Beeckman Louis : mort à Dachau (Bavière)

    Collart André, résistant, né à Rixensart le 21 novembre 1924, mort pour la Patrie le 3 septembre 1944. Une messe fut célébrée à sa mémoire en l'Eglise de Rixensart, le 31 octobre 1944. Sur la carte de deuil, son père écrivit : "Mon petit André. Tu fus le Premier prisonnier de Rixensart en mai 1940. Tu es le Premier mort pour la délivrance. Si jeune tu avais droit à la Vie, mais tu as accompli ton devoir jusqu'au bout. Ta dernière pensée fut pour nous. Toutes les nôtres sont pour toi".

    Craps Albert

    Francart Jean : né à Rixensart le 28 décembre 1926, arrêté le 18 août 1944, mort à Blumenthal-Schützenhof (Brême) le 19 février 1945

    Georis Roger

    Mathy Camille

    Herman Jean : mort à Lingen (Allemagne)

    Luyckx Louis

    Margraff Oscar : mort au camp de concentration de Gross Rosen en Silésie

    Paquet Jules

    Pirsoul Joseph

    La commune de Rixensart a nommé huit lieux en mémoire des huit fusillés :

    - dans le centre de la commune : rue Robert Boisacq (anciennement rue du Pont), rue Alphonse Collin, avenue Marcel Tilquin

    - devant la gare de Rixensart : Rond-point Albert Mayne

    - autour de l’Athénée Royal de Rixensart : rue Albert Croy, rue Denis Deceuster (« anciennement rue Neuve dans les années trente ») (I, p.134), rue Edouard Dereume (anciennement rue du Viaduc)

    - dans la vallée de la Lasne : sentier Marcel Ladriere

     

    Rétrospectives

    ◼︎ RÉTRO RIXENSART | Monument des Résistants, morts pour la Patrie

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    2012 © Eric de Séjournet

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    (1) Le jeudi 7 janvier 1943, l’Oberfeldkommandatur de Bruxelles communique : « En expiation de l’assassinat commis le 31 décembre 1942 sur trois membres de l’armée allemande, et des agressions commises après le 24 décembre, à Bruxelles et dans les environs contre des citoyens belges, les 10 Terroristes suivants ont été fusillés : DUPREZ Pierre, ferblantier à Anderlecht ; DE VALLENS José, employé de commerce à Bruxelles ; VAN DEN HOUVEL Edmond-Léonard, serrurier à Bruxelles-Jette ; LANSEN André, garçon de café à Evere ; ANCART Alexandre, marchand de charbon à Genval ; TILQUIN Marcel, commerçant à Rixensart ; COLLIN Alphonse, employé communal à Rixensart ; ROUCHEAUX Georges, imprimeur à Genval ; LADRIERE Marcel, employé à Genval ; BOISACQ Robert, peintre en bâtiment à Rixensart » (extrait publié dans INTERNATIONAL MILITARY TRIBUNAL, Trial of the major war criminals before the International Military Tribunal of Nuremberg 14 november 1945 - 1 october 1946, Nuremberg, 1949, Volume XXXVII p.377 et 378)

    Collection | de SÉJOURNET Eric Édition | Eric de Séjournet © 2010-2017
  • Genval libérée ! septembre 1944

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    L'avant-garde de la '2nd Armored Division US' arrive à Genval le 4 septembre 1944 dans l'après-midi. Elle poursuit sa progression via la Manteline vers Bourgeois, pourchassant les Allemands, en retraite.

    Venant de la Place communale, l’arrivée du gros de la 2ème Division blindée des Etats-Unis est fixée sur pellicule à hauteur de l’avenue Gevaert, où une foule en liesse l’accueille le jeudi 7 septembre 1944. Une colonne blindée américaine traverse Genval de 9h30 à près de 13h. Le gros de la 2nd Armored Division US (1), également dénommée « Hell on Wheels », arrive par l’actuelle rue des Déportés, et descend l’avenue Gevaert vers la gare de Genval.

    On fait à nos libérateurs un accueil enthousiaste, on leur jette des fleurs, des fruits, des friandises, des douceurs, quand il y en un qui stationne quelques moments on lui offre tout ce qu'on peut, on leur serre la main, les jeunes filles, les enfants les embrassent, on ne se lasse pas de cette joie débordante (2).

    « C’était un spectacle encore jamais vu, un décor inoubliable, des trottoirs regorgent de monde, hommes, femmes et enfants. Des véhicules alliés en tous genres descendaient à la queue leu leu l’avenue Gevaert pour prendre la rue de la Station et ensuite la rue de Rosières. Il y avait là des chars, des camions bourrés de soldats, des jeeps, des bulldozers, etc. etc. C’était un convoi continu et sans fin. La population applaudissait à tout rompre, à chaque arrêt des femmes et des jeunes filles grimpaient sur les chars et les jeeps pour embrasser les soldats », témoigne J. Mayné (3).

    L’arrivée des troupes américaines est fixée sur pellicule à hauteur de l’avenue Gevaert, où une foule en liesse les accueille. Les GI's sont encore photographiés rue de la Station, rue de Rosières, sur le pont au-dessus du chemin de fer. Ensuite, les colonnes militaires poursuivent leur progression vers le lac de Genval et la rue de La Hulpe. Eric de Séjournet édite et commente ce reportage inédit découvert dans le patrimoine iconographique de la famille Lannoye. Les Archives de l’Etat à Louvain-la-Neuve en sont dorénavant les dépositaires.

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    (1) Présentation du 2nd AD, YouTube
    (2) GHYSSENS Roger, 50ème Anniversaire de la Libération, Cercle d’Histoire de Rixensart, 1994
    (
    3) MAYNÉ J., 1944-1994 50ème anniversaire. Souvenirs de 1939-1944, Rixensart, 1994

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  • Marcel Tilquin (1903-1943)

    Fusillés et résistants rixensartois morts en service recommandé.jpgRésistant durant la Seconde guerre mondiale, Marcel Tilquin fut fusillé le 6 janvier 1943 à Breendonk, parce qu'il "transportait et détenait des armes" (I, p. 90) (1). Né à Rixensart le 7 février 1903, il y fut commerçant.

    Une avenue de Rixensart porte son nom.

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    (1) Le jeudi 7 janvier 1943, l’Oberfeldkommandatur de Bruxelles communique : « En expiation de l’assassinat commis le 31 décembre 1942 sur trois membres de l’armée allemande, et des agressions commises après le 24 décembre, à Bruxelles et dans les environs contre des citoyens belges, les 10 Terroristes suivants ont été fusillés : DUPREZ Pierre, ferblantier à Anderlecht ; DE VALLENS José, employé de commerce à Bruxelles ; VAN DEN HOUVEL Edmond-Léonard, serrurier à Bruxelles-Jette ; LANSEN André, garçon de café à Evere ; ANCART Alexandre, marchand de charbon à Genval ; TILQUIN Marcel, commerçant à Rixensart ; COLLIN Alphonse, employé communal à Rixensart ; ROUCHEAUX Georges, imprimeur à Genval ; LADRIERE Marcel, employé à Genval ; BOISACQ Robert, peintre en bâtiment à Rixensart » (extrait publié dans INTERNATIONAL MILITARY TRIBUNAL, Trial of the major war criminals before the International Military Tribunal of Nuremberg 14 november 1945 - 1 october 1946, Nuremberg, 1949, Volume XXXVII p.377 et 378)

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  • 845 | Monument des Fusillés et des Résistants

    Monument aux Morts Cimetière de Rixensart 9.1995 c Cercle d'Histoire de Rixensart (3).jpg

    1995 -  Dessiné par l’architecte Dupuis Ach., ce monument dédié aux Fusillés et Résistants rixensartois a été édifié dans le cimetière de Rixensart par les entrepreneurs Mortier Fr., Mayne C. et F.. 

    Monument des Résistants 6.2015 © Monique D'haeyere.JPG 

    6.2015 © Monique D'haeyere

  • 774 | Square de la Résistance

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    Cette stèle se trouve square de la Résistance à Rixensart. Elle porte l'inscription "1940-1945 12me ET 15me BATAILLON DE FUSILIERS RESISTANCE LIBERTE PAIX". 

    « La frondaison des arbres vous cache les ailes du vieux moulin », c’est le message lancé le 1er juin 1944 par la BBC (1), ‘le’ signal qu’attendait l’Armée Secrète pour entrer en action en Belgique. Le gouvernement belge «avait prévu de lever sur les territoires libérés des troupes qui, après une formation accélérée, seraient mises à la disposition des commandements britannique et américain», écrit Paul Gennart (2). En effet, «depuis plusieurs années, les esprits étaient préparés à répondre à une telle éventualité (...), les mouvements de résistance à l’occupant étant alimentés par l'afflux dans la clandestinité de travailleurs requis par les Allemands pour remplacer dans leur pays les ouvriers mobilisés (...). 53.700 volontaires de guerre furent recrutés en 1944 et 1945».

    Dès la Libération, des bataillons de Fusiliers (3) furent donc constitués qui, « après une instruction accélérée, furent mis à la disposition des Alliés (…) pour sécuriser les vastes régions non explorées par les blindés américains. Nettoyage de bois et capture de prisonniers sont leur tâche quotidienne », écrit Pierre Bachy (4).

    Parmi ces bataillons belges figuraient les 12e et 15e Bataillons de Fusiliers. Le premier fut créé le 11 décembre 1944 à Charleroi et affecté à la 1ère Armée américaine. Quant au second, il se forma le 12 janvier 1945 à Champion et fut affecté à la 9ème Armée américaine.

    Notons un épisode que certains Rixensartois devraient se rappeler. Fin août 1945, la mission en Allemagne d’un autre bataillon de Fusiliers, le 20e, toucha à sa fin. Cette unité fut relevée le 9 septembre 1945 dans la région d’Oderberg, sur la rive droite du Rhin par la 2e Brigade «Yser» et rentra en Belgique. "Ce 20e Bataillon de Fusiliers fut cantonné dans le Brabant Wallon : l'Etat Major et les 4e et 5e Compagnies à Genval, les autres compagnies à La Hulpe, Rixensart et Bourgeois pour instruction à la «Battle School». On y forma les premiers sergents. (...). Le 5 novembre 1945, le 20e Bataillon fit mouvement vers Bruxelles, à la caserne Saint-Jean, boulevard du Botanique, où il fut notamment chargé de la garde du Palais Royal" (4). Ce bataillon fut dissout le 8 décembre 1945.

    Quant aux 12e et 15e Bataillons de Fusiliers, ils furent dissouts le 10 octobre 1945 et le 28 février 1946.

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    (1) BERNARD Henri, L’armée secrète 1940-1944, UFAS, Ed. Duculot, Gembloux, septembre 1986, p. 94 et 183
    (2) GENNART Paul, Les volontaires de guerre belges de la Libération 
    (3) Un bataillon de Fusiliers comprenait un état-major, une compagnie d’état-major et cinq compagnies de fusiliers. Les bataillons de Fusiliers étaient intégrés par trois dans une Brigade et étaient placés sous contrôle opérationnel des Alliés. Chaque bataillon était composé de 801 hommes (28 officiers, dont 1 aumônier, 104 sous-officiers et 669 caporaux et soldats).
    (4) BACHY Pierre, Le 20e Bataillon de Fusiliers

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    2012 © Christian Petit

    Collection | PETIT Christian Édition | Eric de Séjournet © 2010-2017
  • 641 | Monument des Fusillés et des Résistants

    845. Cimetière de Rixensart Monument aux Morts 4.2012 © Eric de Séjournet.JPG

    Monument des Fusillés et des Résistants rixensartois (cimetière de Rixensart)

    8 mai 1945 : fin de la guerre en Europe et découverte des camps d’extermination et de concentration : c’est l’horreur ! Horreur encore fort heureusement rappelée aujourd’hui, écrit le colonel BEM L. Dubuisson dans le Rixensart Info de mai 2006 (1).

    Mais force est de constater que, dans notre pays, l’impérieux travail de mémoire néglige de plus en plus - en particulier le 8 mai - l’engagement de nos compatriotes qui ont contribué à la défaite de l’Allemagne et, de ce fait, à la libération des camps.

    Il faut rappeler que de très nombreux jeunes belges - dont des Rixensartois - ont contribué à la défense du pays, à sa libération et à la victoire finale. Que leur contribution paraisse modeste comparée à celles de grandes armées alliées n’enlève rien à la valeur de leur engagement qui mérite d’être évoqué auprès des jeunes et ... des moins jeunes d’aujourd’hui.

    Ces compatriotes civils et militaires ont servi le pays de bien différentes façons et en de nombreux endroits. En voici une liste non exhaustive.

    Lors de la bataille de Belgique en 1940, l’Armée belge a eu plus de 6.000 morts et 40.000 blessés en dix-huit jours de combat et il n’est pas inutile de rappeler que sa résistance sur la Lys a fortement contribué à la réussite du rembarquement à Dunkerque du Corps expéditionnaire britannique qui fut le noyau de l’armée britannique de libération.

    On ne peut oublier ceux qui ont agi dans la résistance : services de renseignement, sabotage, résistance armée, cheminots, postiers, chaînes d’évasion, évadés, etc.

    Des compatriotes ont servi dans la Royal Navy, la marine marchande, la brigade Piron, la Royal Air Force et la Force publique du Congo. Ils ont combattu dans l’Atlantique, en Afrique, en Grande Bretagne, en Normandie, en Italie, ... A la Libération, environ 54.000 jeunes se sont portés volontaires de guerre. On ne peut laisser tomber dans l’oubli toutes ces valeurs d’engagement et tout spécialement le 8 mai.

    Cimetière de Rixensart 4.2013 © Christian Petit.2013 © Christian Petit.JPG

    Pelouse d'honneur 2013 © Christian Petit

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    (1) DUBUISSON L., Colonel BEM, in Rixensart Info n° 217 de mai 2006

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